
Loyautés familiales invisibles : sommes-nous libres de nos choix ?

Yves Parrot Alice Harrison
Psychopraticien & astrologue · Thonons-Les-Bains et alentours
Quand la vie semble ne pas tout à fait vous appartenir
Vous avez un métier, un foyer, des projets. Pourtant, une petite voix revient : « Est-ce vraiment ce que je voulais ? » Ce sentiment de vivre une vie un peu à côté de soi est plus répandu qu'on ne le croit, et il n'a rien d'honteux.
Nous rencontrons régulièrement, à Thonon-les-Bains et alentours, des personnes qui ont le sentiment de rejouer un scénario sans savoir d'où il vient.
Que sont les loyautés familiales invisibles ?
Certaines approches systémiques et familiales décrivent des loyautés invisibles : des fidélités silencieuses envers nos parents, grands-parents ou fratrie. Personne ne les a jamais formulées, mais elles peuvent s'exprimer dans nos choix.
Ces loyautés ne sont pas « mauvaises » en soi. Elles témoignent souvent d'un lien d'amour et d'appartenance. La question est plutôt : en avez-vous conscience ?
Des situations que certaines personnes reconnaissent
- Choisir une profession pour rester dans la lignée familiale, ou au contraire pour s'en démarquer fortement.
- Hésiter à réussir « plus » que ses parents, ou à être heureux là où ils ne l'ont pas été.
- Reproduire une manière de vivre le couple, l'argent ou les conflits observée dans l'enfance.
- Se sentir responsable de l'équilibre émotionnel de sa famille.
- Ressentir de la culpabilité dès que vous envisagez de faire autrement.
Reconnaître une loyauté, ce n'est pas la renier. C'est simplement retrouver la possibilité de choisir.
Il n'est pas possible d'affirmer que tel choix découle de telle histoire familiale : chaque parcours est singulier. Mais s'interroger sur ces liens peut contribuer à y voir plus clair.
Le génogramme : poser son histoire familiale sur le papier
Le génogramme est une représentation graphique de votre famille sur plusieurs générations. Il va plus loin qu'un arbre généalogique : on y note les relations, les événements marquants, les métiers, les ruptures, les deuils, les secrets ou les non-dits connus.
Ce que nous observons en stage
Lors d'un stage de génogramme, nous construisons ce schéma avec vous, à votre rythme. Voir les générations côte à côte permet à certaines personnes de repérer des répétitions : des prénoms qui reviennent, des âges, des histoires de couple, des places occupées dans la fratrie.
Nous ne cherchons pas à poser de diagnostic ni à vous dire ce que vous devez faire. Le travail consiste à mettre des mots et des repères sur ce qui était resté flou, et à vous laisser en tirer vos propres conclusions.
Un exercice à essayer chez vous (15 minutes)
Prenez une grande feuille, un crayon et installez-vous au calme, sans téléphone.
- Dessinez trois générations : vous, vos parents, vos grands-parents. Un carré pour les hommes, un rond pour les femmes.
- Notez sous chaque personne trois éléments : son métier, un trait de caractère marquant, et ce qui comptait le plus pour elle.
- Tracez les liens : un trait plein pour une relation proche, un trait en pointillé pour une relation distante ou conflictuelle.
- Faites une pause de 30 secondes, en respirant lentement : inspirez 4 secondes, expirez 6 secondes, trois fois.
- Regardez la feuille et répondez par écrit à une seule question : « Qu'est-ce que j'ai choisi, qui ressemble à l'un d'eux ? Qu'est-ce que j'ai évité ? »
Certaines personnes trouvent cet exercice éclairant. Si des émotions fortes émergent, il est préférable d'arrêter et d'en parler à un professionnel.
Quand consulter ?
Vous vous reconnaissez peut-être dans ces situations :
- Vous avez le sentiment de répéter les mêmes schémas (relations, travail, rapport à l'argent) sans comprendre pourquoi.
- Vous ressentez de la culpabilité à l'idée de vous écarter des attentes de votre famille.
- Un choix important approche (changement de métier, de ville, de relation) et vous n'arrivez pas à savoir ce qui vient de vous.
- Un deuil, un secret ou un non-dit familial vous pèse sans que vous sachiez le nommer.
Si c'est le cas, un accompagnement peut vous aider à poser des repères. Dans notre cabinet près de Thonon-les-Bains, nous proposons des stages de génogramme où votre histoire est abordée sans jugement et sans pression, à votre rythme.
Cette démarche ne remplace ni un avis médical ni un suivi psychologique ou psychiatrique. Si vous traversez une période de grande souffrance, d'angoisse persistante ou de tristesse qui s'installe, il est recommandé de consulter un médecin ou un professionnel de santé qualifié.
Vous n'avez pas besoin d'avoir tout compris pour venir. Il suffit de se dire : « J'aimerais regarder cela de plus près. »



