
Modèles féminins transmis : leur influence sur l'estime de soi

Yves Parrot Alice Harrison
Psychopraticien & astrologue · Thonons-Les-Bains et alentours
Ces voix intérieures venues des femmes de l'enfance
Vous vous surprenez à prononcer une phrase exactement comme votre mère la disait. Ou à vous excuser de prendre du temps pour vous, comme si cela devait être justifié. Parfois, un geste, un ton de voix ou une façon de vous regarder dans le miroir rappelle une femme de votre enfance.
Ce n'est ni un hasard ni une faute. Très tôt, nous apprenons par l'observation ce que signifie « être une femme » : comment on prend soin des autres, comment on parle de son corps, ce que l'on s'autorise à désirer ou à refuser.
Qui sont ces figures ?
Il s'agit souvent de votre mère ou de votre grand-mère, mais pas uniquement :
- les tantes, les sœurs aînées, les voisines, les enseignantes ;
- les femmes très présentes, dont la manière d'être a marqué votre quotidien ;
- les femmes absentes ou silencieuses, dont le manque a aussi transmis quelque chose.
Ce qui se transmet sans un mot
On parle de transmission silencieuse pour décrire tout ce qui passe par les attitudes plutôt que par les discours. Certaines personnes remarquent que leur rapport au repos, à l'argent, à la colère, à l'apparence ou à l'indépendance ressemble à celui des femmes qui les ont élevées. D'autres constatent l'inverse : elles ont construit leur vie en réaction à ces modèles.
Les liens ne sont pas mécaniques. Chaque histoire est singulière, et ce que vous avez reçu se mêle à votre tempérament, à vos rencontres et à votre époque.
Ce que l'on a reçu n'est ni à rejeter en bloc, ni à porter pour toujours. C'est d'abord à regarder.
Le lien avec l'estime de soi
La manière dont les adultes autour de vous se parlaient, se jugeaient ou se valorisaient peut avoir contribué à votre propre façon de vous évaluer. Une phrase comme « il ne faut pas se faire remarquer » ou « une femme doit tout assumer » peut rester en arrière-plan pendant des décennies. La repérer est souvent un premier pas pour lui redonner sa juste place.
Explorer ces héritages : un exercice à essayer chez vous
Observer ces transmissions ne demande pas de « refaire » votre enfance. Il s'agit de poser un regard curieux, sans chercher de coupable. Voici un exercice simple, d'environ 15 minutes, que certaines personnes trouvent utile pour mettre des mots sur ce qui est resté implicite.
Exercice : le portrait en trois temps
Prévoyez une feuille, un stylo et un endroit où vous ne serez pas dérangé(e) par les sollicitations.
- Posez-vous (2 minutes). Asseyez-vous, les pieds au sol. Inspirez par le nez pendant 4 secondes, expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes. Répétez 6 fois.
- Choisissez une figure (1 minute). Une seule femme de votre enfance, pour cette séance. Écrivez son prénom en haut de la page.
- Écrivez 3 phrases (5 minutes). Complétez : « Elle disait ou montrait que les femmes… », « Elle se traitait comme quelqu'un qui… », « Avec elle, j'ai compris que je devais… ».
- Faites le tri (5 minutes). Relisez, puis tracez deux colonnes : ce que je garde avec gratitude et ce que je ne souhaite plus reproduire.
- Terminez par une phrase (1 minute). Écrivez : « Aujourd'hui, je peux choisir de… » et laissez venir votre réponse, même brève.
Quelques repères pour la suite
- Allez à votre rythme. Si un souvenir vous bouleverse, arrêtez-vous et reprenez plus tard, ou en présence d'un professionnel.
- Évitez le procès. Les femmes qui vous ont élevé(e) ont elles-mêmes reçu des modèles, souvent dans des contextes plus contraignants.
- Notez ce qui vous surprend. Une émotion inattendue, une phrase qui revient, un souvenir précis : ce sont des pistes à explorer, pas des conclusions.
Cet exercice ne remplace pas un accompagnement. Il peut simplement contribuer à ouvrir un espace de réflexion entre ce que vous avez reçu et ce que vous souhaitez faire aujourd'hui.
Quand consulter ?
Il peut être judicieux de consulter lorsque ces questions prennent beaucoup de place dans votre quotidien. Vous reconnaissez peut-être l'une de ces situations :
- vous avez l'impression de rejouer le même scénario dans vos relations, votre travail ou votre maternité ;
- une petite voix critique vous accompagne et ressemble étrangement à celle d'une proche ;
- vous avez du mal à poser vos limites ou à vous accorder du repos sans culpabilité ;
- vous vous sentez tiraillé(e) entre fidélité à votre famille et envie de vivre autrement ;
- vos échanges avec votre mère, votre grand-mère ou vos filles vous laissent un malaise que vous n'arrivez pas à nommer.
À notre cabinet, nous vous accueillons à Thonon-les-Bains et alentours pour un espace de parole sans jugement. Nous vous aidons à mettre des mots sur ce qui vous traverse, à votre rythme, sans jamais vous brusquer.
Si vous éprouvez une détresse importante, des pensées sombres ou des troubles qui perturbent votre vie, il est recommandé de consulter un médecin ou un psychologue. En cas d'urgence, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est joignable 24 h/24.

