
Thérapie de couple à deux thérapeutes : un espace équilibré

Yves Parrot Alice Harrison
Psychopraticien & astrologue · Thonons-Les-Bains et alentours
La crainte que le thérapeute prenne parti
Vous avez peut-être déjà imaginé la scène : vous racontez votre version, et en face, quelqu'un hoche la tête… pour votre partenaire. Ou l'inverse. Cette peur de ne pas être cru·e ou d'être jugé retient beaucoup de couples de pousser la porte d'un cabinet.
Cette hésitation est très courante, et elle n'a rien d'anormal. Se confier à un tiers sur ce qui se passe à deux demande déjà beaucoup de courage.
Ce que ressentent souvent les couples avant une première consultation
- La crainte de devenir « le problème » aux yeux du thérapeute
- L'impression que l'autre parle mieux, ou plus facilement, que vous
- La peur que les mots dits en séance soient retournés ensuite
- Le sentiment que, de toute façon, personne ne pourra comprendre votre point de vue
Si vous vous reconnaissez dans l'une de ces phrases, vous n'êtes pas seul·e. Ces inquiétudes méritent d'être entendues avant même la première séance.
Pourquoi la neutralité est un vrai sujet
Dans un accompagnement de couple, le thérapeute ne cherche pas à désigner un coupable. Son rôle est de créer un cadre où chacun peut s'exprimer, écouter et être écouté. Mais dans les faits, un seul professionnel, avec sa sensibilité et son histoire, peut parfois être perçu comme plus proche de l'un que de l'autre.
C'est précisément pour répondre à cette inquiétude que nous avons choisi, à Thonon-les-Bains et alentours, de recevoir les couples à deux. Nous ne prétendons pas que cette façon de faire convienne à tout le monde, mais beaucoup de couples nous disent qu'elle les rassure dès le départ.
Un duo homme/femme : comment cela change l'écoute
Recevoir un couple à deux thérapeutes, un homme et une femme, n'est pas une garantie de résultat. C'est avant tout une manière d'organiser l'écoute, pour que chacun se sente accueilli.
Ce que cette présence à deux peut apporter
Certaines personnes trouvent que cette configuration peut contribuer à :
- Limiter le sentiment d'être en minorité : vous n'êtes pas seul·e face à un thérapeute et à votre partenaire.
- Offrir deux regards sur ce qui se dit, ce qui se tait, ce qui se répète d'une séance à l'autre.
- Alterner les rôles : pendant que l'un de nous écoute, l'autre observe la dynamique, le rythme de la parole, les silences.
- Réduire l'impression de jugement, puisque aucun point de vue ne domine dans la pièce.
Notre posture reste la même : ni juge, ni arbitre. Nous ne disons pas qui a raison. Nous aidons chacun à mettre des mots sur ce qu'il vit.
Être entendu ne veut pas dire avoir raison. C'est se sentir compris, même quand on ne pense pas la même chose.
Un exercice à tester chez vous : l'écoute à tour de rôle (10 minutes)
Cet exercice est un simple repère de communication, pas un protocole thérapeutique. Vous pouvez l'essayer ce soir.
- Installez-vous face à face, assis, sans téléphone. Réglez un minuteur sur 2 minutes.
- La première personne parle d'une situation récente, en commençant ses phrases par « Je ressens… » plutôt que « Tu fais toujours… ».
- L'autre écoute sans interrompre, jusqu'à la sonnerie.
- Puis il reformule en une ou deux phrases : « Si je comprends bien, tu as ressenti… ». Il ne répond pas encore sur le fond.
- La première personne confirme ou corrige. Comptez 30 secondes.
- Inversez les rôles et recommencez.
Si la discussion s'échauffe, faites une pause de 20 minutes. Cet exercice ne remplace pas un accompagnement, mais il peut vous donner un aperçu de ce que « être écouté sans être jugé » peut faire ressentir.
Quand consulter ?
Il n'est pas nécessaire d'attendre que « tout soit cassé » pour demander un accompagnement. Vous pouvez envisager de consulter un professionnel si :
- Les mêmes disputes reviennent sans que vous sachiez comment en sortir
- L'un de vous se tait de plus en plus, ou l'autre s'énerve de plus en plus vite
- Vous avez le sentiment de ne plus vous parler vraiment, malgré la vie quotidienne partagée
- Vous hésitez à consulter parce que vous craignez que quelqu'un prenne parti
- Un événement (arrivée d'un enfant, déménagement, deuil, période de travail intense) a bousculé votre équilibre
Si vous vous reconnaissez là-dedans, c'est exactement le type de situation que nous accueillons au cabinet. Lors d'une première rencontre, vous pouvez poser toutes vos questions sur notre façon de travailler, sans engagement et à votre rythme.
Nous recevons les couples de Thonon-les-Bains et des environs. Cet article est informatif et ne remplace ni un avis médical ni un accompagnement personnalisé. En cas de violence, de détresse importante ou de pensées sombres, contactez sans attendre un professionnel de santé ou les services d'urgence (15, 112), ou le 3919 pour les violences conjugales.
