
Partenaire opposé à la thérapie de couple : comment avancer ?

Yves Parrot Alice Harrison
Psychopraticien & astrologue · Thonons-Les-Bains et alentours
Votre partenaire dit non : ce que cela peut réveiller
Vous avez trouvé le courage de proposer une thérapie de couple. En réponse : un « non » net, un « on n'en a pas besoin » ou un silence qui change de sujet. Depuis, vous vous sentez bloqué, avec l'impression que tout repose sur vous.
Cette situation est très courante, et ce que vous ressentez est légitime. Un refus ne signifie pas forcément que votre partenaire se désintéresse de la relation.
Ce qui peut se cacher derrière un refus
Sans pouvoir parler à la place de l'autre, voici ce que nous entendons souvent en cabinet :
- La peur d'être jugé ou désigné comme « le problème » du couple
- L'idée que consulter est un aveu d'échec
- La pudeur : parler d'intimité devant un inconnu peut sembler impossible
- Une expérience passée décevante, ou une méfiance envers la démarche
- Des freins pratiques : emploi du temps, budget, déplacements
- L'espoir que les choses s'arrangent d'elles-mêmes
Ce ne sont que des pistes. Seul votre partenaire peut dire ce qu'il en est pour lui, d'où l'intérêt de lui poser la question plutôt que d'y répondre à sa place.
Respecter le rythme de chacun
Chacun avance à son allure. Insister, poser un ultimatum ou multiplier les rappels peut renforcer la résistance : beaucoup de personnes se referment quand elles se sentent contraintes.
Accepter un « pas maintenant » ne veut pas dire renoncer. Cela peut, au contraire, laisser une porte entrouverte.
Ce temps d'attente n'est pas du temps perdu. Il peut servir à clarifier ce que vous vivez, ce que vous souhaitez et ce dont vous avez besoin.
Parler de la démarche sans parler de faute
L'objectif n'est pas de convaincre à tout prix, mais d'ouvrir une conversation où chacun se sent en sécurité. Certaines personnes trouvent que la façon d'amener le sujet compte autant que le sujet lui-même.
Choisir le bon moment
Évitez la dispute, la fin de soirée ou l'heure du coucher. Une promenade, un trajet en voiture ou un café du week-end offrent souvent un cadre plus détendu. Annoncez simplement : « J'aimerais te parler de nous, quand tu auras un moment. »
Parler de vous plutôt que de lui ou d'elle
Commencez par « je » plutôt que par « tu ». Comparez :
- « Tu ne fais aucun effort pour nous. »
- « Je me sens à distance de toi et j'aimerais retrouver du lien. »
La seconde formulation décrit votre ressenti sans accuser. Elle laisse davantage de place à une réponse.
Poser une question ouverte, puis écouter
Demandez par exemple : « Qu'est-ce qui te gêne dans l'idée d'en parler avec quelqu'un ? » Écoutez ensuite sans corriger ni défendre votre point de vue. Vous pouvez aussi évoquer un premier rendez-vous d'information, sans engagement, ou un essai d'une seule séance.
Exercice : vous préparer en 5 minutes avant la conversation
- Posez-vous : asseyez-vous, pieds à plat, mains sur les cuisses. Inspirez 4 secondes par le nez, expirez 6 secondes par la bouche. Répétez 5 fois, soit environ 50 secondes.
- Écrivez une phrase : « Je ressens… quand… et j'aurais besoin de… ». Une seule phrase suffit.
- Relisez-la à voix haute 2 fois, en retirant tout ce qui ressemble à un reproche.
- Pendant l'échange, laissez passer 3 secondes de silence après chaque réponse avant de répondre à votre tour.
Certaines personnes trouvent que cette courte préparation les aide à rester plus calmes. Elle ne garantit pas la réaction de l'autre, mais elle peut contribuer à un échange plus apaisé.
Quand consulter ?
Si votre partenaire n'est pas prêt, vous pouvez tout de même être accompagné. Une consultation individuelle est un espace pour déposer ce que vous vivez, sans que le couple en soit l'unique sujet.
Prendre rendez-vous peut avoir du sens si :
- vous vous sentez isolé et bloqué dans la relation
- vous ressassez les mêmes conversations, sans savoir comment les reprendre
- vous vous effacez ou vous évitez certains sujets pour préserver la paix
- la fatigue, l'irritabilité ou la tristesse prennent de la place au quotidien
- vous vous demandez ce que vous souhaitez pour la suite
Au cabinet, à Thonon-les-Bains et alentours, nous vous accueillons à votre rythme, sans jugement et sans pression. Notre rôle n'est ni de poser un diagnostic ni de décider à votre place, mais de vous aider à mieux comprendre votre vécu.
Si vous ressentez une détresse importante, parlez-en à votre médecin. En cas de violences ou d'emprise, contactez le 3919, ou le 17 ou le 112 en cas de danger immédiat.
